Selon le Baromètre de la Consommation des Français 2026 réalisé par la Foire de Paris en partenariat avec L'ObSoCo, l'alimentation est aujourd'hui le premier domaine de curiosité des Français, devant la culture, la technologie ou les vins et spiritueux. Dans ce contexte de mutation profonde des comportements d'achat, le fromage et les produits laitiers s'imposent comme l'incarnation parfaite d'une consommation tournée vers le plaisir, le terroir et l'expérience sensorielle. Le Salon du Fromage et des Produits Laitiers offre chaque année l'occasion de vivre concrètement ces nouvelles attentes.

Le rapport à la consommation des Français est en pleine mutation. C'est le constat central du Baromètre de la Consommation des Français 2026, réalisé par la Foire de Paris en partenariat avec L'ObSoCo auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 personnes âgées de 18 à 75 ans. Dans un contexte économique qui incite à la prudence, la consommation des ménages stagne autour de 1 % de croissance annuelle depuis 2023, les Français ne renoncent pas pour autant à la découverte et au plaisir. Ils réorientent leurs envies vers des expériences plus qualitatives, plus sensorielles, plus incarnées, glissant progressivement d'une logique d'acquisition à une logique d'expérience.

Au cœur de cette recomposition, l'alimentation occupe une place singulière. 49 % des Français déclarent que c'est le domaine dans lequel ils sont le plus curieux et ouverts à la découverte, loin devant la culture (21 %), les vins et spiritueux (18 %) ou la technologie (18 %). Et parmi les produits alimentaires, le fromage et les produits laitiers constituent un monde à part entière : diversité des profils aromatiques, richesse des terroirs régionaux, multiplicité des textures, pratiques d'affinage ancestrales, innovations laitières en constante évolution. Un univers en perpétuel renouvellement qui répond point par point aux nouvelles attentes d'un public avide de sens et d'authenticité. Pour 71 % des Français qui se considèrent curieux dans leur façon de consommer, la filière fromagère pourrait être un terrain d'exploration quasi inépuisable.

 

Le plaisir avant tout : le fromage comme produit hédoniste par excellence

Qu'est-ce que consommer aujourd'hui ? Selon le baromètre Foire de Paris x L'ObSoCo, 89 % des Français estiment que consommer est avant tout une façon de se faire plaisir. Ce chiffre particulièrement élevé traduit une orientation fondamentale du comportement d'achat : au-delà de la simple satisfaction d'un besoin fonctionnel, l'acte de consommer est désormais porteur d'une forte dimension émotionnelle et hédoniste. 77 % des répondants déclarent rechercher activement des moments de plaisir lorsqu'ils consomment, et 74 % aiment qu'un achat leur fasse vivre un moment particulier.

Le fromage s'inscrit naturellement dans cette logique hédoniste. Produit de plaisir par excellence, il est au cœur des moments conviviaux qui ponctuent la vie quotidienne des Français : plateau de fin de repas soigneusement composé, accord mets-fromages élaboré avec soin, dégustation en famille ou entre amis autour d'une sélection de spécialités régionales. Il n'est pas anodin que 77 % des personnes interrogées considèrent que consommer permet de partager des moments avec ses proches : le fromage est précisément ce type de produit qui crée du lien, suscite l'échange et invite à la découverte partagée.

Les fromagers et crémiers l'observent quotidiennement dans leurs boutiques : un client qui franchit la porte d'une fromagerie ne vient pas seulement acheter un produit; il cherche un conseil, une histoire, une émotion. La fromagerie comme espace de plaisir et de convivialité : une réalité que confirment pleinement les données de ce baromètre. Cette tendance est d'ailleurs corroborée par les dernières données du CNIEL, qui observe en 2025 un renforcement du fromage dans les moments de partage et de convivialité, notamment à l'apéritif, avec une progression de 2,4 % des volumes sur le premier semestre.

Le terroir et les expériences sensorielles : l'ADN du fromage français


Un étal de fromages dans une fromagerie présentant différentes meules et morceaux de fromages, dont du Morbier, disposés sur des planches en bois avec des produits variés en arrière-plan.

Le fromage est l'un des rares produits alimentaires à pouvoir se prévaloir d'un lien aussi fort et documenté avec les terroirs français. Chaque AOP, chaque fromage fermier, chaque tradition d'affinage raconte une géographie, un savoir-faire transmis de génération en génération, une histoire vivante. Or le baromètre révèle que 73 % des Français estiment que consommer permet de découvrir des nouveautés et des innovations, une aspiration à l'exploration qui trouve dans le monde fromager un terrain d'expression idéal.

 

Le fromage est l'un des rares produits alimentaires à pouvoir se prévaloir d'un lien aussi fort et documenté avec les terroirs français. Chaque AOP, chaque fromage fermier, chaque tradition d'affinage raconte une géographie, un savoir-faire transmis de génération en génération, une histoire vivante. Or le baromètre révèle que 73 % des Français estiment que consommer permet de découvrir des nouveautés et des innovations, une aspiration à l'exploration qui trouve dans le monde fromager un terrain d'expression idéal.

La dégustation d'un fromage est, par définition, une expérience sensorielle totale. Le regard d'abord : croûtes fleuries, persillées, lavées ou naturelles, toutes racontent leur méthode d'élaboration. Le toucher ensuite : pâte molle, demi-ferme, ferme ou extra-dure. L'odorat est souvent le premier signal, parfois déroutant pour les néophytes mais révélateur pour les connaisseurs. Le goût enfin, dans toute sa complexité : acidité vive d'un chèvre frais, onctuosité persistante d'un vieux Comté, puissance affirmée d'un Roquefort, douceur laiteuse d'un Brie de Meaux. Cette richesse organoleptique s'explique en partie par la diversité structurelle de la filière : la classification fromagère française repose sur 8 grandes familles, chacune dotée de caractéristiques sensorielles propres qui orientent autant le choix du consommateur que le conseil du fromager. Le fromage stimule ainsi l'ensemble des sens et répond pleinement à l'aspiration des Français pour une expérience d'achat plus sensorielle et mémorable.

Cette dimension sensorielle est d'autant plus valorisée qu'elle s'appuie sur des repères tangibles et reconnus à l'échelle internationale. Le label AOP (Appellation d'Origine Protégée), créé en 1992 par l'Union européenne, garantit que chaque produit a été élaboré dans une aire géographique déterminée, selon un savoir-faire local reconnu et un cahier des charges strict. Au 1er janvier 2025, ce sont plus de 153 fromages, beurres et crèmes qui en bénéficient à travers le continent européen. Du Gruyère suisse au Noord-Hollandse Gouda néerlandais, de la Feta grecque aux Pecorini du Sud de l'Italie, chaque appellation représente un territoire identifié, une communauté de producteurs engagés, un savoir-faire contrôlé et transmis. Ces certifications constituent un cadre de référence précieux pour les professionnels comme pour les consommateurs à la recherche d'authenticité et de traçabilité — et c'est précisément cette diversité que le Salon du Fromage et des Produits Laitiers donne à explorer, stand après stand.

 

Les métiers de bouche, stars des expériences immersives

Le baromètre révèle un engouement massif pour les expériences immersives avec des artisans : 93 % des Français se déclarent intéressés par l'idée de passer une journée aux côtés d'un artisan pour découvrir son métier. Et parmi toutes les professions proposées, les métiers de bouche arrivent très largement en tête des préférences. Le chocolatier/confiseur/confiturier est plébiscité en premier (36 %), suivi du chef cuisinier (27 %), puis à égalité du boulanger et du fromager (22 % chacun).

La figure du crémier-fromager exerce une fascination particulière et croissante. Son métier associe une technicité rigoureuse, une sensibilité aiguisée et un sens profond de la transmission : il sélectionne des produits, meules de pâtes pressées, fromages de chèvre, pâtes molles, persillés, surveille leur évolution au quotidien, ajuste les conditions d'affinage, frotte, retourne, goûte. Il est à la fois gardien d'un savoir-faire ancestral et acteur d'une filière innovante, développant de nouvelles recettes, adaptant ses méthodes à des cahiers des charges exigeants, répondant à une demande croissante pour les fromages de caractère et les créations artisanales originales.

Au-delà du crémier-fromager, toute la chaîne de valeur fromagère et laitière, éleveurs, collecteurs, transformateurs, affineurs, incarne des métiers à haute valeur humaine qui suscitent une forme d'admiration authentique chez les consommateurs. Cette visibilité accrue des producteurs et artisans est une opportunité que la filière doit continuer à saisir, dans les boutiques comme lors des salons professionnels.

 

Le commerce physique, essentiel pour la filière fromagère

L'enquête confirme une tendance structurelle : le commerce physique reste central dans l'expérience d'achat des Français. Les trois premières raisons pour lesquelles ils apprécient les commerces en dur sont la possibilité de toucher, manipuler et essayer les produits (30 %), le plaisir de faire une sortie et de se déplacer (23 %) et la sécurité de voir réellement ce qu'on achète avant de le ramener chez soi (20 %). Autant de bénéfices qui s'appliquent de façon particulièrement évidente au fromage.

Le fromage est, par nature, un produit qui résiste à la dématérialisation. On ne choisit pas un fromage comme on commande un produit standardisé en ligne. On le sélectionne d'abord avec les yeux, l'aspect de la croûte, la couleur de la pâte, puis avec le nez, parfois avec les mains lorsqu'on teste sa texture. On le choisit au terme d'un échange avec le crémier, guidé par ses recommandations sur l'état d'affinage optimal, les accords possibles, les producteurs partenaires. Ce contact humain et sensoriel est irremplaçable. La fromagerie, le marché de quartier, la crèmerie de proximité ne sont pas de simples points de vente : ce sont des lieux d'expérience, de transmission du goût et de plaisir partagé, exactement ce que les consommateurs recherchent en 2026.

 

Une personne tartine du fromage sur des morceaux de pain à l’aide d’un couteau, portant un tablier noir dans un espace de dégustation ou de vente de fromages.

Le Made in France : un pilier des choix alimentaires

Le baromètre Foire de Paris x L'ObSoCo révèle que 53 % des Français déclarent intégrer fortement le critère Made in France dans leurs choix de consommation. Ce score grimpe à 64 % chez les 65-75 ans et atteint 60 % chez les ménages aisés. Cette orientation vers la production nationale a des conséquences directes sur les comportements d'achat alimentaires : 35 % des personnes interrogées ont déjà renoncé à un achat faute de trouver une alternative d'origine française satisfaisante, un signal fort pour les filières d'excellence comme le fromage.

Pour la filière fromagère et laitière, le Made in France n'est pas un argument marketing parmi d'autres, c'est une réalité constitutive et un avantage concurrentiel majeur. Les appellations d'origine protégée (AOP), les IGP et les labels fermiers garantissent l'origine géographique, le mode de production et le respect de pratiques traditionnelles. Dans un contexte où la provenance des aliments est scrutée avec une attention croissante, cette traçabilité est un atout décisif. Elle répond aux attentes d'un consommateur qui ne veut plus seulement savoir ce qu'il mange, mais aussi d'où vient ce qu'il mange, qui l'a produit et dans quelles conditions.

 

Le fromage, produit-symbole des nouvelles attentes de consommation

Le fromage et les produits laitiers français n'ont jamais été aussi en phase avec les attentes profondes des consommateurs. Curiosité alimentaire, plaisir hédoniste, ancrage dans les terroirs, expérience sensorielle, valorisation du Made in France, attrait pour les métiers artisanaux : la filière fromagère et laitière coche l'ensemble des cases identifiées par le baromètre Foire de Paris x L'ObSoCo comme structurantes pour la consommation de demain.

Dans ce contexte porteur, le Salon du Fromage et des Produits Laitiers joue un rôle essentiel. Il est précisément l'espace où ces tendances prennent corps et deviennent réalité tangible : rencontres directes avec des fromagers et affineurs passionnés, dégustations de spécialités régionales et de créations fromagères inédites, exploration des terroirs laitiers de France et du monde. Car le salon est bien plus qu'une vitrine nationale : lors de la dernière édition en 2024, 290 exposants représentant 448 marques venues de 15 pays se sont retrouvés à Paris Expo Porte de Versailles, et 21 % des 8 500 visiteurs professionnels étaient des acheteurs internationaux, en provenance de 60 pays. Aux côtés des maisons françaises, des acteurs de référence comme CONO Kaasmakers (Pays-Bas), The Fine Cheese Co. (Royaume-Uni), le Consorzio Tutela Mozzarella di Bufala Campana DOP (Italie) ou encore Fromagerie Baechler (Suisse) y présentent leurs produits et savoir-faire. Un lieu d'expérience totale et de business concret, qui permet aux professionnels de la restauration, de la distribution spécialisée et du commerce de bouche de nourrir leur curiosité, d'affiner leur expertise et de tisser des partenariats durables avec les acteurs d'une filière en pleine vitalité, des deux côtés des frontières.

Car si 6 Français sur 10 considèrent désormais que consommer, c'est avant tout vivre une expérience, le fromage, dans sa diversité, sa complexité et son ancrage culturel profond, est sans doute le produit alimentaire qui incarne le mieux cette aspiration collective.