Le Salon du Fromage et des Produits laitiers organisait le dimanche 25 février une table ronde consacrée aux perspectives 2024 pour les crémiers fromagers. Résumé synthétique.
Publié le 24 juillet 2025 à 7:12 | Modifié le 17 juin 2026 à 6:50

Même si la lucidité était également de la partie, l’optimisme était cependant de mise au cours de cette table ronde sur les perspectives 2024 pour les crémiers-fromagers réunissant David Bazergue (délégué général de la Fédération des Fromagers de France), Annick Polese (présidente de l’Union des Fromagers Auvergne-Rhône-Alpes), Sébastien Vermeulen (président des Fromagers de Hauts-de-France) et Romain le Texier (pôle Prospective du CNIEL).

 

Etat des lieux

 

Mais comme toute bonne prospective commence par un état des lieux, David Bazergue a ouvert les débats en présentant les chiffres clés de la profession. On retient notamment que l’on compte aujourd’hui 4 200 points de vente (pour 4 000 entreprises, créées pour les trois quarts depuis 2010) sur le territoire français. 60 % de ces commerces se placent dans la catégorie « magasins traditionnels », 20 à 25 % font de la vente en marché, le reste étant constitué de magasins hybrides. Au final, on compte environ une crémerie-fromagerie pour 17 000 habitants et 15 % des Français sont clients.

 

Revue de tendances

 

Au fil de la table ronde, le public a pu discerner quelques tendances marquantes pour 2024.

  • La moindre croissance du nombre de créations de crémeries-fromageries (rythme de 200 créations par an contre 300 environ les années précédentes),

 

  • La progression des magasins hybrides, proposant d’autres produits à côté du fromage,

 

  • Une crainte de l’inflation qui doit pousser les crémiers-fromagers à « montrer qu’ils peuvent proposer des produits à la portée du portefeuille de leurs clients » (Annick Polese),

 

  • La progression des ventes par internet, qui a pris le relais pendant la période du Covid et qui a forcément de l’avenir,

 

  • Les opportunités de l’IA, « notamment pour la gestion des ratios et des stocks » (Sébastien Vermeulen),

 

  • Le souci du manque de main-d’oeuvre, commun à tous les métiers de bouche,

 

  • Les changements de goût générationnels, plus favorables au développement de la raclette et des fromages fondus qu’à celui du camembert.

 

En conclusion, David Bazergue a souligné les quatre sujets de préoccupation majeurs pour les crémiers-fromagers en 2024 : l’inflation (1), la baisse d’activité (2), le prix de l’énergie (3) et le recrutement (4).