De l’élevage à la vente, découvrez comment la digitalisation transforme la filière fromagère. Objets connectés, intelligence artificielle, traçabilité et e-commerce : des solutions pour gagner en efficacité, valoriser les savoir-faire et renforcer le lien avec les consommateurs.
Un robot agricole circule entre des rangées de cultures dans un champ.

Des exploitations aux crémeries-fromageries, la digitalisation gagne tous les maillons de la filière laitière et fromagère. Les solutions numériques se multiplient autour de la donnée, véritable levier de performance : surveiller un troupeau avec des capteurs, optimiser une production avec l’intelligence artificielle, améliorer la satisfaction de ses clients avec des outils connectés ou en toucher de nouveaux avec les réseaux sociaux …

Cette transformation ne remet pas en cause le savoir-faire humain qui constitue la richesse du monde du fromage et des produits laitiers de qualité. Au contraire, elle permet d’affiner ses pratiques pour toujours plus de précision, au service de l’essentiel : le goût et le partage.

Dès les champs, la donnée se développe au service des élevages laitiers

Colliers connectés, capteurs, applications pour suivre la qualité du lait et détecter les anomalies… Les outils numériques se multiplient dans les élevages laitiers. Deux facteurs expliquent cette accélération : l’agrandissement des exploitations et des troupeaux, qui font évoluer les besoins en matière de pilotage, et une meilleure accessibilité des objets connectés, robots et autres technologies numériques.

 

Sur le terrain, en chiffre

Selon l’enquête de l’Institut de l’Élevage (Idele), réalisée auprès d’agriculteurs laitiers français, 92 % disposent d’au moins un outil connecté en 20241. Les taux d’équipement en robots de traite, détecteurs de chaleurs et caméras ont quant à eux plus que doublé entre 2015 et 2024.

 

L’intelligence artificielle change aussi la donne à la ferme

L’IA s’invite progressivement dans les élevages. Lors d’une masterclass du Cniel en mai 20262, 3 formes d’intelligence artificielle ont été relevées :

L’IA prédictive

(par exemple pour détecter des chaleurs), déjà bien présente dans les élevages

L’IA générative

(à l’image de l’aide au diagnostic du bétail), qui commence à ouvrir de nouvelles perspectives

L’IA agentique

(pour automatiser certaines tâches), appelée à se développer
À la clé de chacune d’elles : un gain de temps, un meilleur confort de travail et une plus forte attractivité du métier. Reste toutefois un enjeu central : la qualité des données utilisées pour entraîner les IA, qui conditionne directement leur fiabilité.

La digitalisation en appui côté production de la filière fromagère

La digitalisation s’installe de plus en plus dans les bâtiments de production, de la réception du lait cru jusqu’à sa transformation, en complément d’un savoir-faire artisanal toujours très plébiscité. Capteurs, systèmes de contrôle et logiciels de suivi génèrent alors un flux continu d’informations.

Ces outils répondent à plusieurs enjeux concrets : renforcer l’hygiène et la traçabilité, compenser certaines difficultés de recrutement ou encore faciliter le pilotage des opérations. La donnée devient aussi un allié pour diminuer son empreinte environnementale : son analyse permet, entre autres, de réduire ses consommations d’eau et d’énergie et de limiter ses déchets. Un vrai plus à l’heure où la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est l’une des tendances clés de la filière fromagère.

Un appétit croissant pour les investissements numériques

En 2025, 50 % des transformateurs laitiers américains interrogés lors d’une étude du magazine Dairy Processing prévoyaient d’augmenter leurs dépenses d’investissement en capital, en consacrant une part croissante aux technologies numériques3. De son côté, l’entreprise suédoise Tetra Pak, n° 1 de l’emballage alimentaire, a lancé la même année une gamme ambitieuse de solutions basées sur l’IA pour améliorer l’efficacité de traitement des données des usines.
Une personne portant des gants bleus utilise une tablette devant des cuves en acier inoxydable.

En magasin, la digitalisation enrichit l’expérience des amateurs de fromages

Longtemps considéré comme marginal, le numérique devient incontournable en point de vente pour gagner en efficacité et améliorer la satisfaction des clients… qui sont eux aussi friands de digital ! Les balances connectées à la caisse, les tickets de paiement numériques, les outils de gestion simplifiés, les programmes de fidélité et consorts fleurissent ainsi dans les crémeries-fromageries et autres commerces de bouche.

Grâce à des QR codes sur les emballages, les producteurs peuvent même s’adresser directement à leurs consommateurs finaux, sans être présents derrière le comptoir. De quoi enrichir l’expérience client autour de leurs produits, de leur origine et de leur savoir-faire, à travers des contenus dynamiques : photos, vidéos, cartes interactives…

Meule de fromage ouverte avec des éclats de pâte et un petit drapeau Brazzale.

En pratique : la bonne idée de Brazzale  

Le paquet de fromage Grand Moravia de l’entreprise laitière italienne offre une véritable porte d’entrée vers une immersion virtuelle dans son savoir-faire. Comme Brazzale l’a indiqué lors de son atelier à la dernière édition du Salon du Fromage et des Produits Laitiers, il suffit de scanner le QR code intégré à l’étiquette pour découvrir sur son smartphone de courtes vidéos d’un nutritionniste expliquant le produit, une carte Google Earth localisant précisément les exploitations ayant fourni son lait, ou encore des photos de sa fabrication.

Réseaux sociaux et e-commerce : le digital transforme la vente

Aujourd’hui, 2 personnes sur 3 se connectent à leurs comptes réseaux sociaux chaque mois dans le monde4. La publicité sur ces plateformes a elle aussi gagné en puissance : elle est devenue la 3ᵉ source de notoriété pour l’ensemble des tranches d’âge, et même la 1ère pour les 16-34 ans.

Facebook, Instagram, TikTok ou encore LinkedIn s’imposent donc comme des vitrines redoutablement efficaces pour les producteurs de fromages ou les crémiers-fromagers. Elles permettent de raconter une histoire, de montrer les coulisses, de partager des inspirations gourmandes et de renforcer le lien avec ses clients, notamment les jeunes générations.

Côté e-commerce, la crise de la Covid-19 a accéléré le mouvement. Si le point de vente physique reste essentiel pour découvrir le fromage avec ses cinq sens, la vente en ligne représente désormais une opportunité complémentaire judicieuse. À titre d’illustration de cette tendance de fond, 25 % des petites et micro-entreprises britanniques du secteur alimentaire (dont une grande partie évoluant dans la vente au détail) utilisaient leur site pour prendre des commandes en 2025, contre 14 % en 20235.

 

Producteurs et crémiers-fromagers : le coup de pouce pour vous lancer dans le digital

Le marketing digital est réservé aux gros budgets ? Pas forcément ! Lors de la conférence « Marketing digital : dépasser les idées reçues et passer à l’action » du Salon du Fromage et des Produits Laitiers 2026, Charlène Gilouppe a rappelé que le principal investissement reste… le temps. Pour le reste, des solutions accessibles existent.

Côté communication digitale, pensez notamment à la création gratuite d’un compte sur le réseau social que vous préférez et qui correspond à votre cible, à la réalisation simple de jolis visuels sur Canva ou à l’envoi de newsletters digitales avec Mailchimp. Pour vendre en ligne, si votre budget ne vous permet pas de concevoir un site e-commerce, concentrez-vous sur l’essentiel : l’efficacité d’un formulaire de commande à envoyer à vos clients, via Google Form ou Typeform par exemple. À vous de jouer !

 

Sources :

1 Étude de l’Idele dans le cadre du programme Sm@rt Élevage, 2024

2 Masterclass du Cniel « Data, digital, IA, porteuses de solutions pour l’avenir de la filière laitières ? », 28 mai 2026

3 Étude Cypress Research Group pour Dairy Processing, 2025-2026

4 Digital Global Overview Report de We Are Social et Meltwater, 2026

5 Enquête Small and Micro Food Business Operator Tracking Survey de la Food Standards Agency avec IFF Research, 2025